Expositions

A la galerie //
Cocotiers des malabars

Poèmes écrits par Dominique Haenel-Parrod

Evidence

Ailleurs, plus loin
Bonheur, chagrin
En autrui, en soi
Avec ou sans toit
Tout là-bas et ici
Siège le Paradis

Évasion

Un magicien étrange
Sème des images
De lointains rivages
Peuplés d’arbres à franges
Il raconte l’invisible
À l’aveugle passant
Et propage les chants
De l’écho inaudible

La pause

Illusion d’harmonie
Toute norme abolit
L’émotion crée des lois
Reniant celles des rois
Secondes furtives
Images captives
Ouvre le regard
De celui qui s’égare

Mirage

Des formes étranges animent
La toile transparente
Puis en un instant s’abîment
Retour de l’attente

Le jeu captive l’ esprit
Livré à l’hypnose
Chaque illusion il poursuit
Conquis il se pose

Empreintes

Au pays des ranis et des sultans
Émouchoirs ébouriffés
Soumis au caprice de la mousson
Vos longues palmes griffées
Diffusent histoires et chansons
De l’ indigène et du conquérant

La trêve

De dessous le drap constellé
Épuisé par des efforts destructeurs
Dans un ultime halètement
S’endort le colérique vent
Qui laisse place aux timides lueurs
Le pacte de paix est signé

Double vue

Le regard initié
Sans animosité
Fouille le monde
Sorti de la ronde
Hors des limites
Sans amanite
Il voit l’invisible
Et tait l’indicible
Où fond le rêve
S’atteint la grève
Loin des frontières
Naît la lumière

Un air d’exotisme

Alignés au bord de l’estran
Comme des sentinelles
Troncs parés de bas résilles
Jaloux des saris chatoyants
Veillent sur les demoiselles
Qu’un seul sourire habille

Langage secret

Pause sur séquence
Bruissement du feuillage
Efface la frontière
Entre vide et matière
Vérité n’a pas d’âge
Chut ! Faisons silence

Le messager

L’haleine parfumée d’épices
L’envoyé du ciel
Chante de l’Inde les délices
L’air au goût de miel
Berce les fragiles hélices
Aux reflets irréels

Dégradé savant

Noir et blanc réunis
Jouent un hymne à la vie
Chacun y perçoit présage
Ou décrypte doux message

Une nuit à Malabar

Dans l’eternel été,
Boas ou fanfreluches,
Nuit câline et coquette
Revêt sa jolie toilette
Que l’œil épris épluche
Jusqu’à la nudité

A la galerie //
Passés décomposés

Les arbres du ciel

Les portes sont fermées

La cité des nuages

Portrait craché

Cascade

Vieux Jaune

Ulysse et Polyphème

Tempête sur la forteresse

La chaussée des géants

Un arbre dans la ville

Reflet de ville

Vague marine

Hors les murs //
Grains de beauté

Exposition permanente à la clinique Georges V.

Poèmes écrits par Dominique Haenel-Parrod

Vérité fugace

Nudité du corps
Efface le mensonge
Se fond au décor
S’évanouit en un songe

Osmose

Du clavier s’élèvent les notes indociles
Touche noire épouse touche blanche
Avec volupté les corps se déhanchent
Fusionnant en une chorégraphie subtile

La pause

Jeux de miroir
Reflet de l’âme,
Lueurs d’espoir
Tissent la trame.

L’envol

Dos à dos accolées
Comme sœurs siamoises
Simulant l’envolée
De l’hirondelle grivoise

Face à face

Unique témoin
Sans adversaire
L’astre solaire
Couve avec soin

Le face à face
De deux corps jumeaux
Libres comme l’eau
Jouant d’audace

Grand X

A découvrir
Jeu de jambes
Ébauchant grand X
Le corps flambe
La vertu ixe
Jusqu’à rougir

Puis l’œil sage
Cède à l’attrait
Admire la grâce
Saisie en un trait
L’éros s’efface
Sans ambages

Cache-cache

La belle secrète
Dans sa robe d’ombre
Songe à la fête
Hors de la pénombre

Les lèvres mi-closes
Dans un doux murmure
Révèlent des choses
Que l’amour apure

Effacer les défauts
Dépasser l’image
Accéder au cadeau
Pour tuer la rage
Le voile déchiré
Révèlera Eve
Fière de sa beauté
Au-delà du rêve

En apesanteur

Vivre l’apesanteur
En fuyant toute peur
Bercée par la torpeur
Flotter en plein bonheur

Courbure

Sobre comme l’épure
S’affiche la courbure
A la peau melliflue
Dépouillée du superflu

Derrière la porte

Le curieux devine
Le mystère tapi
Derrière la porte

La pensée l’exhorte
A céder à l’envie
D’épier la divine…

Elle a bon dos

Pour oublier le temps
Elle entre au Château
Et quitte son fardeau
Comme mue le serpent
Le dos se relève
Défait des complexes
Et anciens réflexes
Laissés sur la grève

Secret d’alcôve

Etrange alchimie
Que l’union sacrée
De l’aveu furtif
Et du secret enfoui
Par la nuit masqués
Tels des fugitifs

Spider

La femme-araignée
Aux membres habiles
Entrecroise des fils
Sur un gai hyménée

La toile invisible
Capture ses victimes
Qui dans un cri ultime
Atteignent l’indicible

La timide

La farouche ingénue
Ne se montre jamais nue
Quand le monde l’affole
Elle replie sa corolle
Et boude la nature
Qui lui a fait injure
Elle maugrée et se plaint
De son nez si vilain
De sa bouche trop fine
Et de sa triste mine
Ah! Les doigts d’une fée …
Adieu timidité !

La solution

Au cœur des remous
Dans le décor flou
Soudain naît l’espoir
Le sort incertain
Desserre les mains
Le jour tue le soir
Derrière l’illusion
S’offre la solution…