Regards Croisés

Photographies

Nicolas MOSCARA

Dans le jardin secret des célébrités

S’il était né avant l’invention de la photographie et celle de la télévision, Nicolas Moscara aurait sans doute suivi les traces de son ancêtre le peintre Charles Pécrus, l’ami d’Eugène Boudin, le précurseur de l’impressionnisme et le maître de Claude Monet.

Lire la suite

Avant d’étudier l’art de la photographie à l’école des Gobelins, Nicolas prend ses premières photos à 15 ans.

Après son Bac, il rejoint à Cuba son oncle, compagnon du Che et revient avec une série de clichés noir et blanc très inspirés d’ Henri Cartier Bresson. Nicolas décidera de devenir photo-journaliste.

C’était à l’époque de France Soir. Période mythique de la grande presse. Dans les années 80, tout le monde lit « France Soir », et regarde avec avidité les photos du plus grand tirage de la presse française. Photos qui trouvèrent la consécration, en 1981, avec la création de France Soir Magazine qui a donné la chance à de jeunes photographes.

Nicolas Moscara était de ceux-là. A 25 ans, il se voit propulsé par sa rédaction en chef chez les vedettes du show biz. Serge Gainsbourg, Gérard Depardieu, Johnny Holliday, France Gall, Renaud, Catherine Deneuve…

En 1987, il a 30 ans, change de métier, devient réalisateur de documentaires et couvre la guerre du Liban, la répression sanglante place Tiananmen, les événements d’Ouvéa, la 1re guerre du Golf et la libération du Koweït, la Yougoslavie et la guerre civile en Algérie, l’Afghanistan, la Somalie. Il suit les missions du GIGN, des Commandos Marine, de la Légion étrangère, des pompiers de New-York, du 36 quai des Orfèvres et se spécialise dans les métiers de l’urgence médicale en hélicoptère. Il travaille pour les grandes chaînes de télévision française et ses documentaires sont diffusés à l’étranger.

Aujourd’hui, Nicolas Moscara nous invite à retrouver des célébrités immortalisées il y a 35 ans. Des clichés inconnus, car, suprême privilège, Nicolas Moscara les a photographiées chez elles en ouvrant les portes présumées inaccessibles de leur jardin secret.

Peintres

Constance de Maistre

Mon travail s’inspire des lignes, des textures , des couleurs de la nature qui se mélangent avec les souvenirs de vies pour faire naitre de grandes abstractions multi techniques.

Je laisse une grande part au hasard, à la spontanéité. Ma proximité avec la nature, ma relation au monde , sont des fils conducteurs dans ma peinture .

Série ” sur le vif”
Au départ ce sont des croquis sur le vif, des empreintes de couleurs, des rythmes , des traits. Avec ces carnets de” l’instant”, je travaille ensuite sur de grands formats en atelier, avec des collages souvent, des
superpositions, pour retranscrire certains éléments de mon imaginaire et de ma mémoire.

Les paysages de mer , de montagnes , sont mes inspirations les plus fréquentes.

Christiane Rancelot

Christiane Rancelot s’inspire des souvenirs des étés de l’enfance, et des scènes de bien être et de plaisir.

Elle s’est toujours attachée à la représentation de l’humain au travers de différents thèmes et en commençant par le dessin de modèle vivant pendant de nombreuses années. Elle nous raconte que les été de notre jeunesse sont les plus beaux de notre vie.

Ses interprétations de l’eau sont autant de compositions vues à travers le filtre des reflets changeants et flous.
Elle aime dire que ce ne sont pas des petites filles qu’elle peint, mais la petite fille qu’elle n’est plus car tout artiste s’inspire de l’enfance. Elle peint à l’huile en superposant de fines couches et en finissant par quelques touches plus épaisses.

Eunice Green

Originaire de Champagne Ardennes, Eunice Green est une artiste totalement autodidacte.
Enfant secrète et solitaire, elle donne au dessin une place importante dans sa jeune vie : « S’évader par la mine ». Des cahiers de classes griffonnés aux carnets à dessins, Eunice exploite le moindre morceau de papiers libres pour y croquer
tout et n’importe quoi mais dans les moindres détails…

Elle boudera pendant près de 15 ans ses carnets de croquis et ses crayons. Aujourd’hui elle ne souhaite qu’une seule chose : « s’évader de nouveau par la mine ». Processus de création:
Eunice Green aime explorer, tester et se tester…
Fuyant la monotonie, l’ennui, et avide de tout expérimenter, elle passera aisément de l’aquarelle, à l’huile en passant par le stylo feutre ou le fusain.

Telle une actrice, elle aime jouer différents rôles et ne s’enferme pas dans un seul style. Elle puise son inspiration dans tout ce qui l’entoure : une forme, un objet, une scène, un mot, une musique…. LA musique élément indissociable à son processus de création. A l’image de sa pluralité, ses collections sont colorées ou
monochromes.

Malgré tout on peut reconnaître son identité artistique dans la manière de lier les couleurs entre elles. Attachée aux détails, elle apportera à ses œuvres du réalisme et tentera de se rapprocher au plus près du sujet. Mais comme tout n’est que paradoxe elle laissera parfois comme une emprunte inachevée et brouillonne à ses toiles: coulures, projections, vide… Libre à celui qui contemple d’imaginer la suite. Elle peint sous le pseudonyme de Eunice Green en référence à la chanteuse Nina Simone qu’elle écoutera inlassablement…

Lire la suite

« Sinnerman », « I’m feeling good », « take me to the water »…des morceaux inspirants, envoûtants qui lui insufflent
ce besoin de liberté: liberté de pensées, liberté de créer, liberté d’être soi!

Artiste de caractère, elle est sensible à la condition féminine dans notre société.
C’est au travers d’une collection de portraits « la femme dans tous ses états » et d’une série de nus qu’elle rendra hommage à la femme.
Fervente amoureuse et défenseur de la nature elle déclinera une série d’animaux acidulés et dynamiques sur des toiles noires. Elle donnera une autre dimension à cette série « animale » avec des crayonnés noirs sur papier kraft.

Collaborations:
Eunice aime partager et échanger c’est pourquoi plusieurs collaborations artistiques seront prévues pour cette nouvelle année, notamment avec l’artiste strasbourgeois En4ki dont l’univers coloré l’a séduite. (Insta: EN4KI / Facebook /
www.en4ki.com )et avec l’artiste Krees (Insta: k-r-e-e-s )
Un projet d’envergure est prévu dans l’école primaire Montaigne à saint Médard en jalles, en collaboration avec
l’équipe enseignante et tous les élèves. Elle aime particulièrement le contact avec les enfants dont la créativité naïve la surprendra toujours.

Vous pouvez suivre toute son actualité sur sa page facebook : Eunice Green ou sur Instagram _eunice_green

Mélane

Est artiste plasticienne, diplômée d’une école d’arts appliqués et d’un master d’arts plastiques. Originaire de Bretagne, elle expose son univers artistique poétique et résolument contemporain sur l’ensemble de l’Aquitaine. Son atelier, situé sur la résidence d’artistes LE LAVABO (anciens « Bains Douches » de Floirac), est un lieu ouvert où il est possible de découvrir ses œuvres.

Mélane raconte la nature, les femmes, ses voyages et ses découvertes dans ses toiles et ses dessins. Elle se plaît à jouer avec les matières, à créer des univers figuratifs et abstraits où le

spectateur découvre un monde singulier et onirique. Les superpositions, les trames et les transparences côtoient le dessin en noir et blanc. Artiste férue de dessin, elle illustre également des ouvrages, des kamishibaï et des guides.

Mélane est enseignante à l’École des Beaux-Arts de Bordeaux. Elle est également fondatrice de l’association Arteli.

 

KREES

Une artiste qui prend soin de vous

Il y a du soleil dans l’œuvre de Krees. Normal pour cette artiste qui vit et travaille près de Bordeaux et aime absorber les énergies qui l’environnent. Celles de la rue. Celles de ses contemporains. Et si Picasso, Miro et Kandinsky ont pu nourrir son travail, c’est également chez les artistes de son temps comme dans les autres disciplines artistiques qu’elle puise l’envie de peindre.

Lire la suite

Une peinture qui commence toujours par le dessin. Elle qui se dit avoir longtemps été «handicapée de la couleur » a en effet commencé par réaliser à l’encre et à la mine graphite des dessins en noir et blanc. Sans idée préconçue, s’abandonnant à l’instinct, elle s’est alors mise à décliner une sorte de bestiaire fantastique qui peu à peu se laissa gagner par la couleur. D’abord le orange, puis le vert et le bleu, c’est à présent une myriade de teintes qui envahissent ses toiles.

Encore aujourd’hui, elle affirme dessiner « avant tout » avant que la couleur vienne « sublimer tout ça ». Chaque tableau est ainsi précédé d’une multitude de dessins dans lesquels elle laisse dériver son esprit dans une sorte d’état hypnotique qu’elle compare à celui d’un sportif ou d’un danseur, et en prenant soin de « se contrarier » pour ne jamais entrer dans le confort stérile de vieilles recettes plastiques.

Pour Krees, au contraire, dessiner devient une performance au cours de laquelle elle dit « se décaler » de sa part consciente pour trouver une harmonie toujours nouvelle et rafraîchissante. C’est donc dans un lâcher-prise sincère que naissent personnages et motifs qu’elle inonde ensuite de couleurs qui se mettent à habiter la composition d’une bonhommie rayonnante, afin d’apporter réconfort et soutien à celui qui la regarde. Car l’artiste ne voit pas la peinture comme seulement visuelle.

Chaque œuvre est pour elle comme possédée d’une énergie qu’elle veut bienveillante pour le regardeur. Loin de n’être que des objets de décoration, elle considère ses tableaux comme détenteurs d’une force protectrice, capables de veiller sur leur public. C’est donc tout naturellement que Krees eut l’idée en mars 2020, soit dès le début du confinement auquel fut astreinte la population française pour enrayer la progression du Covid-19, de peindre sur un masque en tissu – de ceux qui deviendront par la suite obligatoires dans les lieux publics – une créature à la crinière bleue, à la face jaune et aux membres rouges.

L’accompagnant du slogan « Prenez soin de vous », ce Zaz le protecteur pourrait alors bien incarner la philosophie de cette artiste résolument humaine. Un pied de nez à un siècle décidément bien morose et l’envie de veiller sur l’autre dans la joie et la couleur.

Cette couleur qui dans Zenus révèle alors toute sa force libératrice et ses vertus bienfaitrices. Elle s’y incarne en effet sous les traits d’une double figure qui, toute en rondeurs et en quiétude se joue et déborde d’une structure géométrique comme des limites que nous imposent trop souvent la raison et le raisonnable. Krees préfère quant à elle la fantaisie colorée et bienveillante de l’imaginaire et nous invite, comme dans Nihon Sahu à « être heureux » et à briser nos prisons intérieures.

Comment ? En nous prenant moins au sérieux et en nous laissant gagner par les forces positives qui sont là autour de chacun de nous. Une ouverture que l’artiste bordelaise voit comme une source intarissable de calme et de liberté et dont ses œuvres sont autant d’ambassadrices bienheureuses.

Sculpteurs

Jean-François André

« L’art est un chemin personnel expérimental intègre. Je ne suis que l’interprète d’une alchimie complexe, en aucun cas un créateur. Juste un artisan traducteur ! »

 De la dérision, de l’humour, du beau, du laid, des contradictions, du plaisir du partage et des rencontres, de la sculpture, mais aussi des livres, de la peinture, des dessins, du mobilier, de l’art abstrait, du Street art, des installations, des performances, des collaborations …

« Je suis à l’automne de ma naïveté et au printemps de mes déceptions. L’art n’est intellectuel que pour ceux qui veulent le justifier, pour ma part ce n’est qu’un besoin ! Je peux être naïf aujourd’hui, abstrait demain; figuratif hier, ringard après-demain , humain…»

Ne juger pas son travail, laisser vos émotions le ressentir ou l’ignorer  et ne réduisait pas l’homme à l’artiste, il est bien plus complexe.

Son atelier showroom  situé dans d’anciens bains douches de la métropole de Bordeaux est ouvert au public.

Le Lavabo,  5 avenue Pierre Curie à Floirac

06 82 65 99 57

mesculptures.fr

MANOYAN

Autodidacte, passionnée de sculpture;
Née à Paris, je navigue aujourd’hui entre la terre des Graves de Bordeaux où je vis et le coeur de Paris où je me ressource..

Lire la suite

Mon inspiration nait des valeurs que je porte De la beauté qui me fascine. De la laideur qui me dévore. De mua honte devant mes bras croisés. De ma révolte devant les incohérences de ce monde.

Ma trame de fond est portée par la recherche du mouvement juste, celui par lequel l’être tout entier de révèle.

Et par ma conviction que nous ne formons qu’un tout avec la nature qui nous entoure. C’est l’écorce de bois qui, intégrée dans le mouvement d’une oeuvre sculptée se révèle et qui donne
tout son sens.

Jean Claude CAUSSE

Sculpteur par désir, les créations de Jean Claude Causse nous parlent de la société actuelle.Son oeuvre plurielle explore les questionnements de notre temps. Il nous invite à regarder au-delà des apparences, à ne pas s’arrêter à l’esthétique et autres diktats imposés par les divers influences sociaux. Autrement dit, à « regarder derrière le rideau ».

Lire la suite

L’artiste se refuse à toute forme d’emprisonnement par le style ou le genre artistique et préfère s’intéresser au fond plutôt qu’à la forme.

« Donner du sens aux formes et une âme à la matière »

Maitrisant plusieurs techniques, il travaille une large variété de matériaux, ce qui lui permet de s’exprimer avec pus de force.

Ses œuvres enrichissent des collections privées à : New York, Londres, Osaka, Sidney, Rio de Janeiro, Madrid, Paris, Marseille, Bordeaux…

Carl JAUNAY

Né le 7.01.1967 à Chateaubriant, Carl Jaunay a suivi une formation de Tôlier Formeur. Après un parcours entrepreneurial et créatif de plus 30 ans dans différents domaines d’activi-tés, il a rejoint en 2016, la Maison des Artistes pour une nouvelle aventure de « réanimateur d’objets » reliant son savoir faire et sa passion : faire du recyclage un Art.

Lire la suite

Sculpteur Designer, il réutilise du métal « historique » rouillé souvent orné de rivets type Eiffel, mais aussi de vieux outils, pour réaliser des sculptures, luminaires & mobiliers variés.

La rouille devient alors l’alliée de l’artiste, le métal se fait plus léger, et son âme dévoilée, nous donne l’envie de le caresser.

Avec des créations atypiques qui restent & qui durent, la matière nous révèle des patines qui témoignent de l’empreinte du temps sur chaque objet, pour des pièces uniques d’exception.

En 2019, certaines des pièces réalisées ont été cotées par un expert judiciaire d’art contem-porain connu. Au travers de l’association Recyclage Design il a réuni autour de lui un collectif d’artistes in-ternationaux : sculpteurs métal et bronze, photographe, peintres, mosaïste, verrier, tailleur de pierre.

Art digital

Thibault MESSAC

«Ma démarche revient à concevoir des œuvres qui vont répondre à des problématiques artistiques contemporaines (statut des œuvres à l’ère du numérique, la notion d’esthétique, la diffusion de l’art…) tout en portant un regard sur des questions sociétales (répercussion des actions humaines, questions environnementales, relations au vivant, liens à la Culture…)»

Lire la suite

Né à Bordeaux le 15/03/1984 Diplômé de l’école des Beaux arts de Bordeaux en 2009 (DNAP), où il vit et mène, en parallèle, une activité de plasticien et d’enseignement en arts plastiques et arts appliqués en collèges et lycées.

«Ma démarche revient à concevoir des œuvres qui vont répondre à des problématiques artistiques contemporaines (statut des œuvres à l’ère du numérique, la notion d’esthétique, la diffusion de l’art…) tout en portant un regard sur des questions sociétales (répercussion des actions humaines, questions environnementales, relations au vivant, liens à la Culture…)»

Dans une société de l’image, où celles-ci abondent, l’artiste doit se différencier pour émerger du flot visuel continu auquel tout un chacun est confronté. Le terme de flux est préférable, plus précis, il englobe deux notions différentes, d’une part l’idée de mouvement constant et, d’autre part, sous entend une notion d’abondance, de profusion.

Artistiquement l’idée de flux d’images peut renvoyer à la diffusion de l’art au cours de l’Histoire (transportabilité des œuvres, naissance de la photographie, reproductibilité et multiplication des images…) jusqu’à l’apparition de la vidéo, assimilable à un flux photographique. Les conséquences de ces apports techniques sur la perception des œuvres et dans l’apparition de nouvelles
pratiques artistiques sont profondes.

Aujourd’hui, nous baignons dans un flux continuel d’images quotidiennement, à travers les medias (tv, presse), la publicité (à même la rue), internet et les réseaux sociaux, dont la plupart ne sont plus choisis mais imposés.

Mes travaux mettent en perspective ces problématiques d’abondance et de diffusion des images (à travers la décision de travailler l’image fixe, la représentation, la matérialité des œuvres, et leurs conditions de monstration…)

Mais comment l’image artistique peut-elle émerger, se différencier de ce flux journalier ? Quelle doit être sa spécificité et peut elle encore en avoir une ?  Pour répondre à ces problématiques, il est nécessaire qu’elle retrouve une «aura» telle que l’envisageait Walter Benjamin.

C’est-à-dire que l’œuvre d’art doit se différencier de sa propre image, et ne pas se résumer uniquement à sa représentation. C’est d’autant plus  problématique dans le cas d’œuvres reproductibles, comment faire en sorte qu’une photographie présentée dans le cadre d’une exposition se démarque de sa version numérique diffusable sur internet ?

Pour répondre à ces problématiques je conçois mes travaux comme une rencontre entre le public et l’œuvre, une expérience.  Dans le cas des fresques numériques, ces travaux sont facilement diffusables via des écrans (internet) ou imprimables dans des formats conséquents mais ils ont été conçus pour être monumentaux, ainsi ils prennent leur pleine dimension, d’innombrables  éléments, indiscernables à échelle réduite, apparaissent et toute la richesse de ces pièces peut être entrevue. Une expérience immersive est alors proposée aux spectateurs. De cette manière, appréhender l’œuvre réellement et non sa représentation est, pour le spectateur, une expérience atypique et non substituable. Ainsi je parviens à redonner cette «aura» à des œuvres
contemporaines.

Par ce positionnement je m’affranchis de maitriser la diffusion de mes travaux (via internet notamment) en définitive ce qui circule n’est pas l’œuvre, cela n’a pas de valeur et peut appartenir au flux visuel quotidien. Cependant cette représentation peut être un moyen pour le public d’accéder à l’œuvre en suscitant son attention, pour se faire je m’appuie sur l’esthétisme.

C’est un fait, on vit une époque de l’esthétisation, celle ci est présente dans tous les domaines au point que l’art semble se diluer, comme le décrit Y.Michaud. L’esthétique compris comme la transmission de sensations (agréables ou non) n’est plus le privilège de l’art, cela se généralise (publicité, marketing, presse, design…) et ne suffit plus pour définir ce qui relève uniquement du champ artistique. Si l’esthétique est utilisée dans tous les domaines, ce n’est pas anodin, c’est une façon efficiente de susciter l’intérêt du public (conférer un certain plaisir afin de lui vendre un moyen de l’atteindre). Je pense que l’art ne peut pas se soustraire à ce phénomène, tout comme, historiquement il a outrepassé de profondes remises en question (conséquences de
l’apparition de la photographie sur la peinture par exemple) il doit intégrer cela.

Ainsi, mes travaux provoquent un choc esthétique qui nait de la richesse des compositions, de leur complexité (accentué par leur monumentalité dans le cas de l’œuvre elle-même), brouillant leur lisibilité immédiate.

C’est un moyen de séduire le spectateur, de l’arracher aux flux d’images, à ce moment précis, c’est à lui de s’approprier l’œuvre en allant à sa rencontre. L’esthétique permet d’éveiller l’envie d’expérience artistique du public.

Cette expérience esthétique, qui tend à une certaine universalité (le fait d’éprouver une émotion) rend l’œuvre potentiellement accessible au plus grand nombre cependant la finalité de ces images n’est pas exclusivement esthétique. Plusieurs niveaux de lecture sont discernables dans mes travaux, souvent parsemés de références empruntées à l’histoire des Arts (Architecture, Peinture, Art Contemporain), aux Cultures Populaires (Bd, Tatouage) dressant ainsi un panorama de mes influences acquises tant dans mon cursus universitaire (Histoire des arts), qu’au cours de mes voyages.

Une grande importance est accordée aux différentes étapes du processus de création dans le but de créer du sens, chaque élément constitutif est soigneusement choisi pour sa signification, que ce soit les lieux de prises de vue des photographies ou l’origine et la provenance des matériaux des sculptures.

L’axe de recherche qui traverse l’ensemble de ma pratique, c’est l’organique.

En premier lieu, cela se réfère aux organes, aux tissus vivants, à la chair et au corps. Le dessin qui reste la base de mon travail quelque soit le médium, après 10 ans de pratique en atelier, a fait émerger un questionnement autour de ce sujet classique.

D’abord esthétique puis, suite à ma formation aux Beaux arts, j’ai mis en relation ces interrogations vis a vis de problématiques modernes et contemporaines (évolution de la représentation du Corps dans l’art, Corps comme sujet, comme œuvre ou en action…). Pour arriver à me demander comment réinvestir, aujourd’hui, ce sujet éculé ? C’est la collision entre ma pratique du dessin et la découverte de la photographie (comme pratique), qui va me pousser à entrevoir ce corps chair différemment. L’action de decontextualisation de l’image, la perte de vue du sujet, permet d’opérer un « déclassement » de l’objet en lui faisant perdre sa fonction. Ce déclassement, amène à l’Informe tel que le définit G.Bataille, ce processus abolît les dualités (le beau/le laid, le noble/l’ignoble, le réel/fictif…).

Dans un second temps le terme organique renvoie à une structure, à un agencement, composant un organisme.

Cette idée d’organique qui s’oppose sémantiquement, au terme fonctionnel, renvoie au Corps sans Organes (CsO) développé par G.Deleuze qui réfute toute notion d’organisation, appliqué au corps chair, étendable au corps social, à la porosité réel et fiction.

Enfin le terme organique sous entend à la fois l’idée de vivant, d’autonomie, de développement, de propagation, d’étalement, et d’envahissement. Or toute ces notions sont contenues dans mes travaux, de manière formelle dans la composition même des œuvres, dans les éléments ou les textures utilisées. Mais surtout, dans la structuration de ma pratique, j’alterne les techniques, mes œuvres se répondent entre elles quelques soit le médium, les thèmes abordés se recoupent, tout est intrinsèquement lié.

L’organique est cet élément prépondérant et fédérateur comme une sorte d’entité biologique indéfinissable qui s’éparpille et contamine l’ensemble de mes travaux. L’informe émerge, s’accapare mon travail, s’intègre et s’insinue dans le réel ou du moins ce qu’il en reste. De la sorte, mon travail revêt un aspect, étrange et inquiétant qui découle de cette réflexion autour de l’idée d’informe, de déformation, d’altération et dans sa mise en œuvre (relation entre la représentation et le support ou sa présentation).

Cela fait écho au concept d’inquiétante étrangeté mise en œuvre par H.Bellmer, auparavant formalisé par Freud sous le terme « Unheimliche » que l’on pourrait résumer par le fait de ressentir une sensation étrange, dérangeante voire effrayante face à quelque chose de familier (« quand la frontière entre fantaisie et réalité se trouve effacée, quand se présente à nous comme réel quelque chose que nous avions considéré jusque là comme fantastique, quand un symbole revêt toute l’efficience et toute la signification du symbolisé, et d’autres choses du même genre », S.Freud ).

Ce sera le point de départ de ma recherche plastique.